En 2015, les rendez-vous ne manquent pas !

mercredi 4 février 2015
par  paslaniici
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En 2015, les rendez-vous ne manquent pas !

En ce moment même, l’assemblée nationale étudie le projet de loi Macron. Texte fourre tout, il s’agit d’un ensemble de mesures qui vise à déréglementer de nombreuses règles relatives au commerce, au droit des sociétés, au droit du travail (notamment celui encadrant les dérogations aux dimanches), du transport, des
professions réglementées (avocats, notaires, etc.). Elle prévoit également plusieurs privatisations et autorise le gouvernement à simplifier par ordonnance les procédures d’autorisation et d’enquête publique pour les projets de construction ayant une incidence environnementale…

Souvenons-nous. Tout au début du mandat du président Hollande, le (désormais feu) ministère des droits des femmes annonçait que toutes les lois proposées passeraient à la moulinette du genre. La ministre de l’époque, aujourd’hui ministre de l’Education nationale, se posait garante des lunettes genre... Le moins que l’on puisse dire c’est qu’elles ont été abandonnées depuis longtemps, n’ayant pas résisté aux attaques des réacs (ABCD de l’égalité), aux soi-disantes nécessités économiques vendues par les libéraux (Macron, HPST, « sécurisation de l’emploi...)...

La mobilisation qui se construit et qui doit se développer face à la loi Macron est pour l’instant portée essentiellement par les salarié-es du commerce. Elle est
évidemment largement soutenue par les associations féministes, et pour cause ! La mobilisation doit dépasser le cadre du commerce, parce qu’elle nous concerne toutes et tous. C’est pourquoi Solidaires propose le 8 mars prochain de mettre en avant la bataille contre le travail du dimanche, véritable attaque contre les salariées
(voir page 2). Nous y travaillons avec la toute jeune fédération Sud commerces & services.
En convergence, le 8 mars sera la journée de lancement de la Marche Mondiale des Femmes 2015, qui nous occupera toute l’année avec des échéances partout mais particulièrement à Nantes puis Marseille (voir page 3). Là aussi, nous y mettrons en avant les attaques contre les salariées, et les inégalités auxquelles elles sont encore confrontées dans le cadre de la thématique « Autonomie financière et travail des femmes ».
Parce qu’il est clair que les beaux discours ne construisent pas l’égalité, que seuls les rapports de force que nous mettrons en œuvre permettront les changements, 2015 devra constamment nous voir le poing levé !

Loi Macron et conséquences pour les femmes

Nos dimanches et nos nuits ne sont pas à vendre !
À ce jour, le repos hebdomadaire est donné le dimanche, sauf exceptions devant être justifiées par la nature de l’activité ou le service au public (services d’urgence par exemple). La loi Macron prévoit l’extension de ces facultés de déroger à l’obligation de donner le repos le dimanche, notamment pour des « zones touristiques ». Elle prévoit certes que pour faire travailler les salarié -es le di manche dans ces zones, les établissements devront être couverts par un accord mais on sait ce que peuvent donner des accords dérogatoires négociés sous la pression du chantage à l’emploi… Ces accords doivent prévoir des « contreparties » aux salarié-es privé-es du repos dominical… mais la loi ne fixe pas un minimum ! Aux règles relatives à ces nouvelles
« zones » s’ajoutent les ouvertures dominicales de commerces autorisées par le s maires qui passeraient de 5 à 1 2 par an. Soit 5 dimanches maximum travaillés à 5 dimanches minimum...

Une nouvelle notion est également inventée par cette loi : le travail « en soirée », qui serait donc compris entre le jour et la nuit... La loi prévoit ainsi que dans les « zones touristiques internationales », le travail de nuit ne commence qu’à partir de minuit (alors qu’aujourd’hui le travail de nuit commence à 21 heures). Certes, les heures de 21 heures à 24 heures seront payées double, mais à quel prix ?
Depuis des années, de nombreuses études scientifiques ont démontré le lien direct du travail de nuit avec des atteintes graves à la santé des salarié-es, notamment pour les femmes une recrudescence des cancers du sein. Les travailleuse s du commerce son t déjà l es championnes des troubles musculo-squelettiques (TMS), qui regroupent les maux de dos, les tendinites, etc. Leurs conditions de travail sont difficiles : une polyvalence de plus en plus grande des tâches, le port de charges, la station debout prolongée, le bruit et les lumières vives en permanence, le stress… Travailler jusque tard en soirée entraine du stress supplémentaire. Se coucher tard a des incidences sur l’alimentation, le sommeil, etc.

C’est donc bien autant à la vie personnelle et à la santé au travail des salarié-es qu’on s’attaque. Le développement du travail du dimanche doit nécessairement intégrer la dimension sexuée, et les questions qu’elle soulève en matière d’articulation des temps de vie professionnelle, vie familiale et vie sociale. La précarité étant plus forte chez les femmes, notamment celles qui vivent en ZUS (Zone Urbaine Sensible), comment penser qu’elles seront « libres » de choisir de travailler le dimanche ? Toutes ces salariées connaissent déjà les contrats précaires, les temps partiels imposés et les bas salaires. La loi Macron, qui prétend insidieusement leur permettre de gagner plus grâce aux dimanches et aux nocturnes, va en fait les précariser encore davantage, et mettre en jeu leur santé, leur vie familiale, notamment l’organisation de la garde et de l’éducation des enfants… Car quelle garde d’enfant pour toutes ces femmes qui élèvent seules leur enfant le dimanche, sachant qu’elles représentent près d’un quart des ménages dans les ZUS ? Quels transports adaptés à ces nouveaux horaires, sachant qu’en soirée comme le dimanche la fréquence des transports publics est plus faible ? Cette loi vise tout simplement à banaliser pour tout le monde le travail le dimanche à plus ou moins court terme... pour le personnel d’entretien qui nettoie les centres commerciaux, les surveillants, comme les transports de ces personnels qui seront amenés à se déplacer en nombre, voire les gardes d’enfants « privées »…


Quelques chiffres

De manière générale, 56% des salariées qui travaillent le dimanche sont des femmes (Dares analyses n°075, oct. 2012). Et parmi les employé-es de commerce, les femmes sont très majoritaires. Dans plus de trois quart des cas, par exemple, le caissier est une caissière.

Le travail du dimanche est de plus en plus répandu pour les jeunes femmes habitant en zones urbaines sensibles (Zus). Parmi les femmes de 15 à 29 ans en Zus, plus d’1 sur 5 travaillait de manière régulière le dimanche en 2012, alors qu’elles n’étaient que 17% en 2009. Et cette augmentation est d’autant plus notable que la proportion n’a pas changé pour les jeunes femmes en dehors des Zus, 17% (Enquête Emploi en continu 2009 et 2012, INSEE, in Onzus infos de mars 2014).

Les mouvements féministes (Femmes Egalité, Collectif National des Droits des Femmes, CADAC, Marche Mondiale des Femmes...) soutiennent évidemment la lutte contre cette loi, en lien avec les organisations syndicales du commerce.

Solidaires avec les femmes du monde entier

2015 : Marchons toute l’année avec la 4e Marche Mondiale des Femmes La MMF est un mouvement créé en 1999 à l’initiative de féministes du Québec qui, après une mobilisation, font un tour d’Europe pour proposer une « Marche mondiale des Femmes » en 2000. Elles commencent par Paris où elles suscitent l’enthousiasme. Puis l’idée se répand partout... La MMF est un mouvement de solidarité féministe internationale, altermondialiste et anticapitaliste. A l’international, elle est présente dans une cinquantaine de pays, dans les 4 régions du monde, particulièrement en Amérique Latine et en Afrique. En Europe, une dizaine de pays ont une Coordination.
Tous les 5 ans a lieu une Marche Mondiale des Femmes qui commence par des évènements par pays, puis par continents, puis au niveau mondial.

  • En 2000, la Marche passe par Paris, Bruxelles, puis New-York. Elle est reçue à la Banque Mondiale, au FMI et à l’ONU suite à des « plaidoyers » écrits en direction de ces grandes institutions internationales. Dans chaque pays ont lieu des manifestations, des réunions publiques, des actions, pour défendre ce que contiennent ces textes de revendications. Le slogan ? 2000 bonnes raisons de marcher !
  • En 2005, Marseille, Paris, Ouagadougou et la construction, étape par étape, de la « Courtepointe de la Solidarité ». Le slogan ? Changer la vie des femmes pour changer le monde, changer le monde pour changer la vie des femmes !
  • Puis en 2010, forum, manif, fête, furent organisées à Montreuil. La Turquie est l’étape européenne (Istanbul) et Bukavu au Congo l’étape mondiale, contre les viols en temps de guerre. Le slogan ? Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous marcherons !

Les actions de 2015

  • 8 mars 2015, pour la journée internationale de lutte pour les droits des femmes. La Marche sera autour des 5 thèmes suivants, déclinés par pays : Justice climatique / souveraineté alimentaire ; Violences contre les femmes ; Montée des extrêmes (extrême-droite et extrémismes religieux) ; Migrations et mondialisation ; Travail des femmes et Autonomie financière.
  • La caravane européenne des femmes Elle partira le 8 mars du Kurdistan en Turquie (à 30 km de la frontière syrienne…) pour mettre en valeur la lutte des femmes kurdes pour leur autonomie et leur peuple. De nombreuses étapes sont prévues dans le Sud de la Turquie. Etapes suivantes : Grèce, Balkans, Italie, Suisse, France (début juin), puis Allemagne et Pologne (campement inter féministe prévu), puis retour sur Rome, Marseille (19 septembre) et fin avec le nord de l’Espagne et le Portugal pour un gros événement de clôture au Portugal (à Lisbonne). L’objectif est de faire connaitre les luttes des femmes et leurs actions pour résister à l’attaque sur leurs droits.
  • 24 avril 2015 : cette année autour de la thématique du travail, les 24 h internationales d’action féministe. En hommage aux ouvrières du textile victimes de l’effondrement du Rana Plaza (Bangladesh). Cette action se déroulera entre 12h et 13h (suivant les fuseaux horaires pour construire les 24h de solidarité).
  • 6 et 7 juin 2015 : Agora Féministe nationale à Nantes et accueil de la Caravane féministe européenne. Des débats/ateliers autour des thèmes de la Marche se dérouleront sur 3 demi-journées ; il y aura un village associatif avec des lieux l’exposition et de stands et évidemment, une manifestation.
  • 21 septembre à Marseille : Rencontre des Femmes du Bassin méditerranéen sur les extrêmes droites et les extrêmismes religieux.
  • 17 octobre : fin de la MMF 2015, à Lisbonne pour la journée internationale contre la pauvreté Solidaires, adhérente à la Marche Mondiale depuis le début, participera aux initiatives toute l’année...

Macholand

macholand.fr :
agir contre le sexisme

Le site Macholand.fr veut faire entendre la voix, trop souvent noyée dans la parole publique, médiatique ou politique, de citoyennes et de citoyens qui refusent
de voir le sexisme s’étaler en masse sans réagir.
Macholand.fr est ouvert à toutes et tous. Chaque internaute peut participer et proposer une action qui épingle avec humour des marques, des organisations ou des personnalités publiques. C’est par le biais d’une action virtuelle de masse – sur Facebook, Twitter, par e-mail et pourquoi pas en portant plainte que le site permet d’agir et de faire entendre notre voix !

On participe à ce que l’on veut (voire ce que l’on peut, pour celles et ceux qui ne veulent ni de twitter, ni de facebook !) : le nombre d’actions est en une du site et il y a embarras du choix. Bref, en quelques clics, et quelques minutes, on devient activiste !

Livre

Caliban et la sorcière. Femmes, corps et accumulation primitive de Sylvia Federici. Ed. Entremondes, 2014. 24 €

Sylvia Federici est une universitaire américaine et une militante féministe radicale. Ses analyses portent sur la construction du capitalisme, donc de l’appropriation
des richesses par une petite partie de la population, dans une perspective féministe. Elles montrent que cette appropriation s’exerce en même temps sur les biens communs (comme les terres communales), sur les savoirs (et notamment les savoirs féminins quant à la contraception et à la médecine) et sur les corps. Le phénomène d’accumulation primitive ne repose pas seulement sur l’exploitation de la force de travail du prolétariat – tel que décrit par Marx - mais également sur l’appropriation des terres paysannes, l’asservissement des Amérindiens et des Africains dans les mines
et les plantations du « nouveau monde », la transformation des corps en « machine-outil » et l’imposition aux femmes du seul rôle de production de la force
de travail (faire des enfants, les élever pour en faire des travailleurs et œuvrer à la reproduction de la force de travail des travailleurs).
Une des grandes forces de ce phénomène est d’avoir accumulé les divisions et les hiérarchies dans la classe ouvrière en les faisant passer pour naturelles. Un autre point fort et commun à tous les territoires est la diabolisation de celles et ceux qui se révoltent : chasse aux sorcières, esclaves et ouvriers décrits comme des sauvages...

Un livre très utile pour comprendre comment le capitalisme et le patriarcat ’imbriquent pour nous dominer et nous exploiter et à quel point les luttes anticapitalistes et les luttes féministes sont à mener de front.


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